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L’Art de l’Impression à la Planche de Bois 

Chez Mauny, le papier peint n’est pas imprimé : il est fabriqué, couche après couche, par la main. Chaque motif, qu’il appartienne au répertoire du XVIIIe siècle ou à l’univers d’André Groult, est le résultat d’un processus long, précis, où chaque étape engage un savoir-faire spécifique. 

À rebours des logiques industrielles, la Maison revendique une fabrication où le temps n’est pas comprimé, mais nécessaire à la justesse du décor.

Des papiers peints fabriqués
à la planche de bois

Véritable savoir-faire ancestral, l’impression à la planche de bois construit chaque décor lentement, couleur après couleur.

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Les planches gravées

Tout commence par les planches de bois gravées, parfois anciennes, parfois recréées à l’identique. Composées de plusieurs épaisseurs et surmontées d’un bois de poirier, elles sont sculptées à la main avec une extrême précision. 

 

Chaque entaille est pensée en négatif, anticipant le dépôt de la couleur et la superposition des passages, afin que le dessin se révèle avec justesse lors de l’impression. Ce patrimoine de bois gravés, au cœur de l’identité de Mauny, fait l’objet d’un travail constant de connaissance et de préservation.

 

Chaque planche correspond à une couleur : un seul motif peut ainsi mobiliser des dizaines de planches, révélant dès l’origine la complexité du décor.

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La préparation des couleurs

Les couleurs sont préparées selon la technique traditionnelle de la détrempe, mêlant eau, craie, pigments et liants. Ici, rien n’est automatisé : l’artisan travaille à l’œil, à partir des archives, pour retrouver la justesse d’une teinte, son équilibre, sa vibration. Chaque couleur est pensée en fonction des autres, dans une logique de superposition. Ce travail donne naissance à un nuancier d’une grande richesse, où la couleur n’est jamais plate : elle est vivante, légèrement nuancée, toujours subtilement irrégulière.

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Les empreintes

Tout commence par les planches de bois gravées, parfois anciennes, parfois recréées à l’identique. Composées de plusieurs épaisseurs et surmontées d’un bois de poirier, elles sont sculptées à la main avec une extrême précision. 

 

Chaque entaille est pensée en négatif, anticipant le dépôt de la couleur et la superposition des passages, afin que le dessin se révèle avec justesse lors de l’impression. Ce patrimoine de bois gravés, au cœur de l’identité de Mauny, fait l’objet d’un travail constant de connaissance et de préservation.

 

Chaque planche correspond à une couleur : un seul motif peut ainsi mobiliser des dizaines de planches, révélant dès l’origine la complexité du décor.

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Le papier cellulosique, un support incontournable

Avant même l’impression, il faut s’attarder à parler du papier comme support créatif… Celui utilisé chez Mauny et un papier cellulosique qui s’inscrit dans la continuité directe des supports employés dès le XVIIIe siècle. Composé de fibres végétales, il offre une surface naturellement mate, légèrement absorbante et vivante, idéale pour la technique de la détrempe. Les pigments ne restent pas en surface : ils pénètrent la matière, gagnent en profondeur et en subtilité, créant cette vibration unique de la couleur. Sa matité diffuse la lumière sans reflet, permettant une lecture douce et élégante du décor. Si les procédés contemporains ont amélioré sa régularité et sa stabilité, ses qualités essentielles demeurent inchangées : capacité d’absorption et richesse chromatique pour un rendu profond, mat et pictural.

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La mise en couleur du fond

Au-delà de la matière elle-même, le papier est préparé et mis en couleur par la main des artisans. Sur de longues laizes, une couleur de fond est appliquée à la brosse, puis unifiée par des gestes circulaires, réguliers. Ce premier passage est déterminant : il donne au décor sa profondeur, sa lumière, sa respiration sous les motifs à venir. Chaque lé est ensuite laissé à sécher naturellement, dans un temps incompressible, avant de pouvoir être imprimé à la planche.

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L’encrage des planches

L’impression à la planche de bois relève d’un geste d’une grande exigence. Chaque planche est humidifiée, encrée manuellement sur un feutre de laine. Sur le châssis encreur, un feutre saturé de couleur accueille la planche. Le tireur en contrôle la régularité, tandis que l’imprimeur y applique la gravure afin qu’elle s’imprègne de manière uniforme. La densité du pigment, la température de l’air, la texture du papier : chaque paramètre influe sur le rendu. Chaque impression devient ainsi un équilibre subtil entre maîtrise technique et sensibilité du geste.

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Le sechage, Le temps suspendu du décor

 Le séchage du papier peint, réalisé à l’aide de bâtons, perpétue une méthode traditionnelle essentielle à la qualité du décor. Après l’impression, les lés encore humides sont délicatement suspendus sur des baguettes de bois lisses, laissant l’air circuler librement autour de chaque surface. Ce séchage en suspension assure une évaporation régulière et préserve la matière : il limite les risques de bavures, de déformations ou d’adhérences, fréquents lors d’un séchage à plat. Ainsi suspendus, les papiers semblent en attente, entre deux couleurs ou déjà prêts à révéler toute leur magie, leur beauté, leur richesse.

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La main jusqu’au dernier détail 

Une fois l’impression ou le pochoir achevés, chaque rouleau est contrôlé puis repris par un peintre en décor, qui intervient pour apporter les dernières retouches au pinceau. Ce soin extrême, entièrement réalisé à la main, de la pression de la planche à la précision du pinceau, confère à chaque papier peint un caractère légèrement unique, où la trace du geste devient partie intégrante de l’âme du décor.

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L’impression du motif

L’imprimeur, d’une main sûre, pose la planche avec exactitude sur le lé de papier. Des pointes de laiton, ou « picots », fixées à son bord, assurent un repérage précis des couleurs, les unes par rapport aux autres. À l’arrière, une petite traverse en bois sert d’appui au levier mobile de la presse. Par une pression mesurée, la couleur s’imprime, se dépose, respire. Chaque lé est ensuite suspendu, séchant à l’air libre avant de recevoir la teinte suivante. Rien n’est accéléré. Rien n’est forcé. Ce ballet patient révèle peu à peu le décor dans toute sa beauté. La fabrication du papier peint nécessite ainsi des dizaines de passages et plusieurs semaines de travail.

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L’art du pochoir

Aux côtés de l’impression à la planche, Mauny perpétue également l’art du pochoir, technique tout aussi exigeante. Chaque couleur y est appliquée séparément à l’aide de pochoirs découpés, positionnés avec précision sur le papier. Aujourd’hui réalisés dans des matériaux transparents, ils permettent un calage fin et une parfaite superposition des teintes. La couleur est ensuite déposée à la main, au pinceau ou à la brosse, dans un geste maîtrisé qui respecte la matière du papier. Comme pour l’impression à la planche, ce procédé repose sur la répétition patiente des passages et sur une parfaite lecture du motif. Il en résulte des décors d’une grande finesse, où la précision du tracé se conjugue à la texture de la couleur.

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Les papiers peints Mauny, le luxe du temps et d’une beauté singulière qui se transmet

Le protocole de fabrication des papiers peints Mauny explique à la fois leur rareté et leur singularité. Chaque décor est le fruit d’un temps long, d’une succession de gestes précis et d’un savoir-faire patiemment transmis et préservé. Dans la collection patrimoniale comme dans les créations d’André Groult, cette exigence confère à chaque papier peint une qualité particulière : celle d’un décor qui ne se contente pas d’habiller un mur, mais qui lui donne épaisseur, présence et vibration. Ce savoir-faire ne s’enseigne pas, il se transmet. De main en main, de regard en regard, les gestes se perpétuent depuis des siècles. Il faut apprendre à voir, à sentir, à répéter, jusqu’à atteindre la justesse. Chez Mauny, cette transmission est au cœur des préoccupations de l’atelier : elle garantit la fidélité au geste ancien et assure sa continuité. Le savoir-faire demeure vivant.

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